Le deuil en questions

Pourquoi en parler? Comment en parler?

Le deuil, dans cette société qui est la nôtre, comment en parler? Comment expliquer qu’avant toute chose c’est une question de temps, de bienveillance et d’écoute?

Le deuil, c’est le décès d’un proche mais aussi d’un endroit où nous avons habité, d’un travail perdu ou quitté, d’un conjoint parti vers d’autres horizons, d’un corps qui s’est modifié suite à la maladie, tous ces événements petits ou grands qui vont nous marquer, modifier qui nous sommes et qui nous demanderons du temps avant d’être capable de passer à autre chose.

Depuis l’avènement de la société moderne, nous sommes pris dans un tourbillon, le temps, l’un des rares éléments que nous ne pouvons acheter et maitriser, nous fait défaut. Entre la vie familiale, le travail, le sport, les amis, nous n’avons plus de temps. Le temps pour soi. Le temps pour réaliser que nous sommes des êtres de chair et d’émotions. Ces émotions que telles les chaînes de nos téléviseurs nous zappons à longueur de journée. Entre la colère interdite, la tristesse à vite éliminer, la peur à cacher, il nous reste la joie. C’est bien peu.

Car ne plus prendre le temps de ressentir les émotions, leurs effets sur notre physique, notre santé, c’est croire que nous sommes un peu comme ces personnages de Marvel – invincibles, plus forts que l’adversité et qui sait, peut-être immortels.

Alors quand l’adversité arrive, nous sommes pris au dépourvu.
Quand ma grand-mère est décédée, l’après-midi même j’étais au bureau. Comment est-ce possible? A peine avais-je terminé de vider ma dernière caisse de déménagement, en pleine nuit, que je recevais mes premiers clients. D’où vient cette pression?

Dans certaines cultures, une personne en deuil se remarquait par la couleur des vêtements portés. Il était codifié, durait un certain temps. Dans la rue, la personne était reconnaissable et de ce fait, chacun pouvait l’aborder en connaissance de cause. Le sujet n’était pas tabou, il faisait partie du cycle de la vie. Comme chaque événement, il était marqué d’un rituel au sein de la cellule familiale et sociale.

Aujourd’hui avec la vieillesse qui arrive plus tard, le fait que les personnes âgées habitent souvent entre elles et non plus en famille, que la mort est la responsabilité de l’hôpital et ensuite des pompes funèbres, nous ne la côtoyons que très peu. Elle fait peur bien plus qu’avant.

Alors comment faire pour prendre soin de soi et de proches qui vivent des moments difficiles? Comment ne pas fuir face à ce qui nous arrive ou arrive à notre entourage?

D’abord en prenant conscience que l’événement en question nous touche au plus profond de l’être que nous sommes. Que notre identité va s’en retrouver modifiée, qu’une transition de vie se met en route.

Que le deuil suit des étapes immuables, dont l’ordre nous sera propre mais que nous ne pourrons éviter. Si nous tentons de les éviter, elles reviendront à d’autres moments sous d’autres formes.

Christophe Fauré, l’excellent médecin psychiatre français spécialiste du deuil, dont je vous suggère vivement la vidéo ci-joint, parle de 4 étapes dans le processus de deuil avec des sous-étapes (vidéo). D’autres dont je fais partie parlerons de 5 étapes.

Les étapes du deuil suivant Elisabeth Kubler-Ross sont les suivantes:

1. Le choc et le déni
2. La colère
3. La négociation, le marchandage
4. Le dépression
5. L’acceptation, le chemin vers le renouveau

1. Le choc et le déni:

Quand la nouvelle nous arrive, nous entrons en état de choc, comme tétanisé. Cela nous permet de fonctionner en pilote automatique, de ne pas nous effondrer dans l’instant.

Après cette courte période, va s’installer le déni. C’est une période où l’on n’arrive pas à croire ce qui vient de se passer, la perte des repères. La personne n’est plus là, le quartier est différent, la maison est vide. Un état de sidération est présent, nous vaquons à nos vies comme dans un état second, comme un zombie.

2. La colère:

La réalité de la perte s’installe. La confrontation avec la situation est intolérable, injuste. A qui la faute? Pourquoi? C’est une période de questionnement, une période ou le sentiment de culpabilité peut s’installer.

3. La négociation et le marchandage:

Les émotions telles que la peur, la tristesse, pour soi, pour l’avenir vont entrer dans la discussion. Des décisions sont à prendre, mais oui, mais non, mais pas encore. C’est une période complexe pour l’entourage.

4. La dépression:

C’est souvent la période la plus longue et la plus difficile pour les personnes endeuillées. Elles ont traversé beaucoup d’émotions mais la tristesse est encore très présente, la mélancolie de ce qui a été est forte. Pourtant, elles ont parlé, posé des actes, mais le vide est encore présent. Ce qui a été n’est plus et ne sera plus jamais.

5. L’acceptation et le chemin vers le renouveau:

La vie fait à nouveau sens, la personne retrouve du plaisir et peu à peu va pouvoir envisager de reconstruire sa vie. Sans oublier ce qui a été, mais en réalisant qu’une autre période de la vie s’annonce, différente, car l’épreuve aura changé qui elle est.
Le deuil sera passé au second plan, son avenir au premier.

Attention ce n’est pas un science exacte!

Les étapes, même si elles seront toutes vécues, peuvent l’être dans le désordre et dépendent de chacun. Il peut y avoir des retours en arrière, pour mieux avancer par la suite. Le temps de chaque étape sera variable selon chaque personne, l’événement survenu et de l’état psycho-émotionnnel de la personne au moment de l’événement. Alors oui, la patience est de mise et surtout la bienveillance.

Comment accompagner quelqu’un en deuil?

Depuis plusieurs années, j’accompagne les personnes vivant des transitions de vie. Je les écoute dans le respect et la bienveillance. Je suis une présence, dans la parole, la créativité ou le silence.

Que ces personnes puissent se raconter encore et encore, pour user l’histoire, est très important. Je leurs propose d’écrire, de dessiner, de tenir un journal pour qu’elles puissent soulager leur peine. Laisser les larmes couler et la colère s’exprimer, même si c’est difficile.

Le deuil, demande ce luxe que sont le temps, la bienveillance et l’écoute. Et grâce à avec un accompagnement bienveillant, il se passera avec moins d’inconfort et moins de frustrations, donc

Faire son deuil, être en deuil sont des expressions pleine de sens. J’espère que cet article vous aura éclairer sur ses expressions populaires auxquelles il est important de laisser de la place dans nos vies surchargées.

Vous pouvez retrouver mon travail sur le deuil familial en photographie ici.

©2017, Sophie Lizoulet, MS, HappyPeopleHouse
Credit photo: Geraldine Dardenne Photography

 

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La Photo-Thérapie ou Photographie Thérapeutique

Le Figaro Madame

PHOTO-THERAPIE

mais qu’est-ce donc?

 

C’est une approche thérapeutique que j’utilise personnellement dans un travail au long cours avec mon fils autiste dont je parle ici.

Mais aussi pour un sujet très intime: la relation à mon corps. Lui et moi, nous avons une relation d’amour-haine complexe que j’ai décidé d’explorer en photo. La série de 3 auto-portraits jointe marque le début du projet. Le travail n’est pas disponible pour le moment mais je vous invite à lire un article paru dans la Figaro Madame en mars dernier à la suite d’une interview que j’ai donné avec la formatrice Emilie Danchin.

La Photothérapie ou Photographie Thérapeutique consiste à prendre, analyser ou utiliser des photos dans le but de guérir une blessure personnelle. La guérison est possible grâce à la compréhension qui se manifeste en observant et questionnant les photos.
En construisant activement l’analyse et la réflexion sur les photographies, les personnes sont capables d’apprendre plus sur eux-mêmes et la façon dont ils voient le monde autour d’eux. C’est un processus qui démarre de notre inconscient pour « mettre » en conscience les solutions possibles.

La Photographie Thérapeutique n’a pas de vocation artistique, c’est avant tout un outil de découverte soutenue par une technique artistique.

Je l’aborde en séance individuelle et en atelier de groupe. C’est extrêmement efficace car le lâcher-prise est très rapide quand un support visuel fait partie de la découverte de soi.

A bientôt,

Sophie

 

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Thérapie et Journal Créatif d’Accompagnement

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Un Journal Créatif© d’Accompagnement pour être en meilleure santé!

Le Journal Créatif d’accompagnement thérapeutique combine l’expression écrite et visuelle
dans le but d’offrir une plus grande liberté émotionnelle et un recul sur la vie quotidienne.
En pratique, le journal d’accompagnement est la combinaison d’outils artistiques (dessin, collages, peinture, photos, mandala…) et de l’écriture dans l’intention de développer une plus grande connaissance et compréhension de soi et des autres.

Le journal d’accompagnement sert de support pour exprimer les émotions et les pensées qui nous habitent à un moment T; il est un espace pour déposer les questions qui n’ont pas encore de réponses, un endroit pour les pensées qui autrement pourraient ne pas avoir une maison, un contenant sécuritaire pour les émotions de sorte qu’elles ne doivent pas être lâchées dans le monde . Bien que le journal puisse devenir un prolongement de soi, il peut aussi être un endroit pour se détendre et s’expérimenter avec de nouveaux matériaux artistiques. L’objectif c’est d’apprécier le processus et de se confectionner un endroit à soi.

Selon Elizabeth Warson, professeur d’art thérapie de l’Université George Washington (USA), la tenue régulière d’un journal peut réduire votre rythme cardiaque, augmenter le débit de sérotonine et des cellules immunitaires, ainsi que de diminuer les réactions dues au stress. Ces résultats complètent de précédentes études conduites par James Pennebaker sur les avantages de l’écriture pour dépasser des expériences pénibles et les changements physiologiques que la tenue d’un journal peut apporter sur le long terme.

C’est un outil que j’utilise, depuis plusieurs années, dans ma vie personnelle car j’y pose mes soucis et y découvre mes progrès ainsi qu’une évolution artistique ce qui me procure un grand sentiment de bien-être!

Je propose le journal en thérapie individuelle, même si c’est seulement pour y noter la date du rendez-vous, un mot, pas besoin d’être un artiste, juste se voir évoluer et s’en féliciter!

En atelier il est présent à chaque étape… pour accéder à l’inconscient consciemment.

©2015, Sophie Lizoulet, MS, HappyPeopleHouse

Sources: Cathy Malchiodi, PhD, LPCC, LPAT; Kelley Brown.

Credit photo: Geraldine Dardenne Photography – Illustrations: Sophie Lizoulet

La Genèse

Happy People House est né de mon envie de partager le bonheur et la gratitude que je ressens chaque jour qui passe.

En septembre 2012, j’ai eu l’immense privilège d’écouter Christophe André, Matthieu Ricard, Jon Kabat Zinn et l’incroyable Pierre Rabhi lors de la conférence annuelle d’Emergences, animée par Ilios Kotsou. 3 mois plus tard je démissionnais d’un travail à responsabilités, très lucratif que j’occupais depuis 16 ans, sans aucune idée de ce que mon futur me réservait mais avec la ferme idée de faire ma part comme dans La légende du Colibri.

J’ai décidé que l’extra-ordinaire histoire de vie qui nous arrive allait porter ce projet.
L’autisme que subit mon fils et notre maladie génétique nous ont permis de trouver des solutions créatives pour vivre une vie en harmonie, pleine de joie et de sérénité. Bien entendu nous avons vécu des moments difficiles: les opérations, le regard des autres, les médecins sans empathie, le deuil de « l’enfant comme les autres », les 9 crèches et écoles en 15 ans.

Mais les moments de grands bonheurs sont beaucoup plus nombreux. Noah m’a reconnecté aux plaisirs simples et merveilleux de la vie. Le bonheur ça s’apprend, ça se cultive et comme un arbre ça grandit et prend toute la place.

Dans ce chemin vers moi et Noah, j’ai fait de merveilleuses rencontres, des amis, des clients, des collègues, des thérapeutes, notre famille et je les en remercie profondément.

Alors aujourd’hui c’est à moi de partager cela avec chaque personne qui viendra se raconter chez Happy People House ou que je croiserai sur mon chemin chaque jour. Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir. Chacun d’entre nous mérite le respect et la bienveillance de l’écoute de son vécu.

Ce petit film est le début d’un projet que nous avons Noah et moi de raconter notre vie et ce que le mot autisme peut vouloir dire au quotidien. Il a été réalisé en janvier 2015 dans le cadre de l’Atelier Obscura – merci à Frédéric et Caroline.

Beaucoup de bonheur et de joie à tous,

Sophie

Burn-out! Mais qu’est-ce donc? Quelques pistes pour s’en sortir!

Le burn-out, la maladie du travail, la maladie de ce début de XXième siècle.
Comment la reconnaître? Comment s’en sortir?

Voici quelques pistes dans l’interview de Lilou Macé.

La méditation en pleine conscience est un réel bénéfice dans la gestion de maladies chroniques en plus d’un suivi thérapeutique de qualité. Retrouvez toutes les informations à son sujet sur le site de l’association d’Ilios Kotsou: www.emergences.org

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